Témoignages de parentsErreur de diagnostic sur le type de grossesse gémellaire

Erreur de diagnostic sur le type de grossesse gémellaire

Dès la première échographie, notre vie a pris un tournant inattendu, rempli d’excitation et, je dois l’admettre, d’une bonne dose d’anxiété. En tant que futur papa de jumelles, j’avais une soif insatiable de connaissances sur ce qui nous attendait. Podcasts, livres, articles sur la gémellité, rien n’échappait à ma quête d’information. Avec ma première fille j’avais déjà connu la parentalité, mais là l’aventure était tout autre. Notre suivi se faisait chez notre gynécologue habituelle, celle-là même qui avait lancé cette blague discutable lors de notre première échographie. Elle nous avait rassurés sur le fait que nous attendions des jumeaux hétérozygotes, une nouvelle qui, malgré le stress, nous avait apportés une certaine tranquillité d’esprit. En effet, j’avais lu que ce type de grossesse comportait moins de risques. J’avais confiance en elle, et en aucun cas je n’aurais pu imaginer une erreur de diagnostic sur le type de grossesse gémellaire.

Cependant, un revirement de situation inattendu est survenu lorsque notre gynécologue est tombée enceinte et a dû nous référer au CHU de Dijon pour la suite de notre suivi. C’est là que nous avons été pris en charge par un spécialiste des grossesses multiples, un professionnel réputé dans le domaine. Lors de notre premier rendez-vous, il nous a expliqué avec une clarté rassurante que la grossesse de Marion se déroulait bien et que, étant donné la nature hétérozygote des jumelles et l’état du col de Marion, il n’y avait pas de raisons de s’inquiéter outre mesure. Il a évoqué les complications potentielles des grossesses monozygotes, notamment le syndrome transfuseur-transfusé, mais a conclu que cela ne nous concernerait pas. « Vous avez des fausses jumelles, » avait-il dit, un terme qui, à ce moment-là, nous avait apporté beaucoup de soulagement.

C’est avec cet esprit apaisé que nous nous sommes rendus à l’échographie programmée l’après-midi même. Cependant, l’atmosphère s’est rapidement alourdie lorsque la sage-femme, en examinant les images, a exprimé un doute. L’ombre d’une préoccupation traversait son visage alors qu’elle mentionnait la possibilité qu’il n’y ait qu’un seul placenta. Elle a fait appel au professeur, qui, après un examen attentif, a admis qu’à ce stade de la grossesse, il était difficile de confirmer la présence d’un ou deux placentas sans équivoque. « Faites confiance à votre gynécologue, » nous ont-ils conseillé, tout en suggérant d’envoyer les clichés de la première échographie pour vérification. Nous avons quitté l’hôpital ce jour-là avec un mélange de sentiments, partagés entre la confiance initiale dans les paroles de notre gynécologue et l’inquiétude suscitée par les doutes de la sage-femme. Serait-il possible qu’il y ai eu une erreur de diagnostic sur le type de grossesse gémellaire ?

Le soir même, nous avons envoyé les images de la première échographie au professeur. L’attente de son appel a été l’une des plus longues et angoissantes de notre vie. Lorsque le téléphone a finalement sonné, le ton de sa voix n’a laissé place à aucun doute : il y avait eu une erreur de diagnostic sur le type de grossesse gémellaire. Marion était enceinte de vraies jumelles partageant le même placenta mais dans des poches séparées, une révélation qui changeait radicalement le cours de notre grossesse. Les risques associés à ce type de grossesse, bien plus complexes et sérieux, se dressaient soudain devant nous, plongeant notre monde dans une tourmente d’émotions.

Cette nouvelle a été un véritable choc. Toutes les informations que j’avais accumulées sur les jumeaux hétérozygotes semblaient soudainement obsolètes, me laissant désemparé face à cette réalité inattendue. La grossesse, déjà source de stress, prenait une dimension encore plus angoissante. Les risques de complications, notamment le syndrome transfuseur-transfusé mentionné par le spécialiste, devenaient une préoccupation majeure.

Les jours et les semaines qui ont suivi ont été ponctués de rendez-vous médicaux supplémentaires, de recherches intensives sur les grossesses monozygotes et de discussions avec des spécialistes. Chaque échographie, chaque consultation, était teintée d’une anxiété palpable, bien que nous essayions de rester positifs et de nous soutenir mutuellement. Le soutien de nos familles et amis a été indispensable, nous offrant réconfort et assurance dans les moments de doute.

Malgré les défis, cette épreuve a renforcé notre unité en tant que couple. La grossesse de Marion, avec toutes ses incertitudes et ses peurs, nous a enseigné la résilience, la patience et l’importance de s’adapter aux circonstances, quelle que soit leur complexité. Nous avons appris à naviguer à travers l’incertitude avec courage, à chercher la lumière même dans les moments les plus sombres, et à apprécier chaque petite victoire sur le chemin.

Le jour où nous avons appris l’erreur de diagnostic restera gravé dans notre mémoire comme un tournant décisif, un moment qui a testé notre force en tant que futurs parents de 3 enfants. Cependant, malgré les craintes et les inquiétudes, la perspective d’accueillir deux petites vies dans notre monde nous a apporté une joie incommensurable. Cette expérience, aussi éprouvante fut-elle, a préparé le terrain pour l’arrivée de nos filles, nous enseignant que même face à l’adversité, l’amour et l’espoir peuvent triompher.

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